Pierre Lapointe


 
Sentiments humains Sentiments humains
Ces étranges lueurs

paroles 

Le magnétisme des amants

paroles 

Je reviendrai

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Au bar des suicidés

paroles 

Tu es à moi

paroles 

Les lignes de ma main

paroles 

Les sentiments humains

paroles 

Nous restions là

paroles 

Coulent les rires

paroles 

L'enfant de ma mère

paroles 

Comme si c'était hier

paroles 

Les éphérites

paroles 

Ces étranges lueurs — paroles: / musique:

Nous restions là

J’ai fait cet étrange rêve
Où nous étions tous deux

Insouciants et reclus
Sur nos deux corps presque nus
Étouffés par la lumière
Les yeux crevés par des éclats de verre

Nous restions là
Nous restions là

J’ai fait cet étrange rêve
Où nous étions tous deux

Auréolés de bonheur
Sous des centaines de soleils qui pleurent
La peau rapiécée par des fils
Sortant de nos talons d’Achille

Nous restions là
Nous restions là

J’ai fait cet étrange rêve
Où nous étions tous deux

Torturés par nos désirs
Comme deux jeunes amoureux
Immobilisés par la souffrance
De devoir apprendre à être deux

Nous restions là
Nous restions là

J’ai fait cet étrange rêve
Où nous étions tous deux

Massacrés par l’allégresse
D’un lourd sentiment amoureux
À se marteler de questions
À se crier comme il fait bon

De rester là
De rester là

J’ai fait cet étrange rêve
Où nous étions tous deux

Debout sous un ciel ténébreux
À remâcher les mêmes vœux
Pris dans cette position fatale
À se crier comme il fait mal

De rester là
De rester là
De rester là 
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Le magnétisme des amants — paroles: / musique:

Chacune des secondes qui tombent
Revient couper le ligament
Avant que les minutes ne fondent
Les amoureux deviendront diamants

Quand les soleils s’imprègnent
Du magnétisme des amants
Ce sont les inquisiteurs qui craignent
L’arrivée des nouveaux sentiments

Si les soleils métamorphiques
Brûlent eux aussi tous leurs manants
Nous ferons de nos joies microscopiques 
Des forteresses de diamants
Puisqu’elles deviendront nos armures
Pour éblouir les dissidents
Pour nous, elles feront tomber les murs
Qui tiennent enfermés les sentiments

Je déposerai sur la grève
Ce qu’il me reste d’amour vivant
Avant que les regards se lèvent
Nous partirons sur l’océan

Quand les soleils s’éteignent
Entre deux corps amants
C’est le bonheur qui saigne
Un lys entre les dents
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Je reviendrai — paroles: / musique:

J’ai souvent, de vous, été coupé
Par des mouvements insoupçonnés
Isolé par images superposées

J’ai trouvé comment rester debout
Même si de mon corps on coupait le cou
Pour toujours, je resterai parmi vous

Je reviendrai, je reviendrai
Même une fois couché sous terre, je reviendrai
Poussé par les souffles de mon corps, je serai
Par vos sourires, vos cœurs, vos souvenirs
Vivant je resterai
Grâce à vous, par ma voix toujours, je reviendrai

En pleurant jusqu’à m’effondrer
Même en rêvant jusqu’à m’envoler
Au-dessus des blancs nuages flottants

Désolé pour les insouciances
Désolé pour les arrogances
Découlant de tous mes gestes posés

Je reviendrai, je reviendrai
Même une fois couché sous terre, je reviendrai
Poussé par les souffles de mon corps, je serai
Par vos sourires, vos cœurs, vos souvenirs
Vivant je resterai
Grâce à vous, par ma voix toujours, je reviendrai
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Au bar des suicidés — paroles: / musique:

Allez, on va danser
Au bar des suicidés
Comme autrefois, on gardera les yeux fermés

Allez, on va danser
Au bar des suicidés
Laisse tes pas, un à un devant toi, s’aligner

Tu aimes encore et aimes toujours
Ce bel amour à l’imparfait
Ce bel amour aux yeux trop clairs
Ce bel amour aux yeux trop vrais

Tu aimes encore et sans arrêt
Ce bien trop véritable amour
Si véritable qu’il finira
Par vraiment massacrer tes jours

Allez, on va danser
Au bar des suicidés
Comme autrefois, on gardera les yeux fermés

Allez, on va danser
Au bar des suicidés
Laisse tes pas, un à un devant toi, s’aligner

Tu sais
Moi aussi, j’ai aimé
Des amours déjà estropiées
Le cœur se serre, mais on finit par s’habituer

Tu sais
Moi aussi, j’ai aimé
Des amours déjà fatiguées
Les blessures restent, mais on finit par oublier

Oh! s’il te plaît, ne pleure pas, je te promets qu’un jour on rira
De cet amour de trahison, oh! s’il te plaît, ne pleure pas

Allez, on va danser
Au bar des suicidés
Comme autrefois, on gardera les yeux fermés

Allez, on va danser
Au bar des suicidés
Laisse tes pas, un à un devant toi, s’aligner

Et si je meurs là-bas
Eh bien, tant pis pour moi
Je n’avais qu’à savoir
Qu’on ne rit pas de ces choses-là

Si mon cœur se débat
Ne t’en fais pas pour moi
J’ai gardé un sourire en souvenir de toi
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Tu es à moi — paroles: / musique:

Je fais de mes mots une robe laquée
Pour épouser chacun de mes gestes amoureux
Que tu gardes pour toi
Comme un trophée de joie
Comme un cheval de Troie
Qui cache en lui nos ébats

J’ai fait de mon cœur une boîte à musique
Qui joue de nos amours les moments savoureux
Des plaisirs d’être deux
Des plaisirs de deux feux
Qui se prêtent à leurs jeux
Partageant le même vœu

Tu es à moi
Tu es à moi

Je fais de mes pas une marche funèbre
En l’honneur du passé que je laisse derrière
Mon amour a pris fièvre
Entre moi et tes lèvres
J’ai signé de ma sève
Un contrat, une trêve 

Tu es à moi
Tu es à moi
Tu es à moi
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Les lignes de ma main — paroles: / musique:

Ne faites jamais confiance aux étoiles
Qui vous disent que tout ira bien
La vie est loin d’être un droit chemin
C’est écrit dans les lignes de ma main

Si le bonheur a choisi votre âme
Pour y faire son nid
Fermez vos yeux, laissez-vous guider
Ne pensez jamais à vous sauver

J’ai trop souvent mis au défi le bonheur
Espérant être un peu mieux ailleurs
J’ai goûté les plaisirs de l’exil
Pour finir rescapé d’asile

Même si la tristesse a croisé ma route
Parce qu’il nous faut tous coûte que coûte
Goûter la lourdeur des cœurs en peines
Boire à la santé des amours ternes

Plus jamais je ne ferai confiance aux étoiles
Qui diront que tout ira bien
La vie est loin d’être un droit chemin
C’est écrit dans les lignes de ma main
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Les sentiments humains — paroles: / musique:

Ô Barcelone

Toi qui m’as vu baisser les bras

Toi qui as tué sans vergogne

Le peu qu’il me restait de moi
 

Ô Barcelone

Quand tu m’as accueilli sous ton toit

Tu as pris chacun de mes sourires

Pour les brûler devant moi

Pour en faire un feu de joie

Pour me montrer qu’ici-bas

L’amour peut devenir combat
 

Ô Barcelone

Je suis devenu ton soldat

Je suis prêt à tuer pour toi

Oh! Si tu me donnes la joie

Si tu me redonnes ma joie

Celle que j’ai perdue chez toi

Celle que tu m’as volée, je crois


Les sentiments humains

Ne seront plus jamais les miens

Si tristesse est mon destin


Les sentiments humains

Ne seront plus jamais les miens

Si tristesse est mon destin

Si tristesse reste mon destin


Ô Barcelone  

Oh! Toi que j’ai nommée cent fois

La salope de tous mes automnes, ce soir

Je coucherai encore avec toi
 

Ô Barcelone

Un jour j’irai pisser sur toi

Pour souiller chacun des sourires

Qu’ils ont en se parlant de toi

Qu’ils ont en se frottant sur toi

Toi la voleuse de joie

Toi qui m’as volé ma joie


Les sentiments humains

Ne seront plus jamais les miens

Si tristesse est mon destin


Les sentiments humains

Ne seront plus jamais les miens

Si tristesse est mon destin

Si tristesse reste mon destin


Je tuerai de mes mains

Ce qu’on dit de toi en bien

Les sentiments humains

Ne seront plus jamais les miens

Si tristesse reste mon destin 
------

Nous restions là — paroles: / musique:

Nous restions là

J’ai fait cet étrange rêve

Où nous étions tous deux


Insouciants et reclus

Sur nos deux corps presque nus

Étouffés par la lumière

Les yeux crevés par des éclats de verre


Nous restions là

Nous restions là


J’ai fait cet étrange rêve

Où nous étions tous deux


Auréolés de bonheur

Sous des centaines de soleils qui pleurent

La peau rapiécée par des fils

Sortant de nos talons d’Achille


Nous restions là

Nous restions là


J’ai fait cet étrange rêve

Où nous étions tous deux


Torturés par nos désirs

Comme deux jeunes amoureux

Immobilisés par la souffrance

De devoir apprendre à être deux


Nous restions là

Nous restions là


J’ai fait cet étrange rêve

Où nous étions tous deux


Massacrés par l’allégresse

D’un lourd sentiment amoureux

À se marteler de questions

À se crier comme il fait bon


De rester là

De rester là


J’ai fait cet étrange rêve

Où nous étions tous deux


Debout sous un ciel ténébreux

À remâcher les mêmes vœux

Pris dans cette position fatale

À se crier comme il fait mal


De rester là

De rester là

De rester là 
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Coulent les rires — paroles: / musique:

Tu craches de ta bouche tous tes éclats de rire

Pour oublier le bonheur et la joie que tu n’as pas


Tu gardes sur ton cœur l’étrange souvenir

De la légèreté de l’enfance qui commence à flétrir


Mais où vas-tu, courant derrière tes pas

Écorchant ton visage, en empilant les voyages?


Mais que fais-tu, te barbouillant de tes dires

Quand tu te sens rougir, trahi par tes soupirs?


Quand tu ne sais comment nous dire

Que, toi aussi, tu pleures

Que tu saignes du cœur


Quand de ta bouche coulent des rires


Tu nous cries sans cesse que tu gardes la foi

Face aux tristesses, aux malheurs qui s’acharnent sur toi


Tu camoufles tes pleurs, sous d’imposantes voix

Qui chantent pour toi l’alléluia d’un bonheur que tu n’as pas


Mais promets-toi qu’un jour tu resteras

Face aux fausses paroles, autre chose qu’un guignol


Mais promets-toi que tu ne resteras pas

Dans toutes tes courses folles, celui qui toujours rigole


Sans s’avouer qu’il ne sait dire

Que lui aussi pleure

Qu’il saigne du cœur


Quand de sa bouche coulent des rires 
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L'enfant de ma mère — paroles: / musique:

J’ai des tas d’images, barbouillées de craie
Par cet enfant sage, qui jamais ne sait
Séparer le mal du bien qu’il a fait
Du bien qu’il a fait

Toujours dans la marge, un petit regret
Revient à la nage pour tuer d’un trait
Chacun des naufrages qui le rendaient vrai
Qui le rendaient vrai

J’ai frappé contre le mur ma tête
J’ai frappé contre le mur ma tête
J’espère qu’elle éclatera

Le sang de ma mère tapisse mes bras
Elle a donné naissance à celui qui sera moi
Devant l’existence, il a déjà froid
Il a déjà froid

Avec insistance, je l’éloignerai
De l’accoutumance au blanc déchiré
Déjà en enfance, son âme ils ont violée
Son âme ils ont violée

J’ai frappé contre le mur ma tête
J’ai frappé contre le mur ma tête
J’espère qu’elle éclatera

Jamais avant d’avoir léché les bottes du trépas
Nous ne saurons tout ce que le passé nous cachera
Redis-moi encore que nous serons rois
Que nous serons rois

Si l’amant d’hier est venu te chercher,
C’est pour me rendre fier de t’avoir retrouvé
J’ai beau le crier, je ne sais que pleurer
Je ne sais que pleurer

J’ai frappé contre le mur ma tête
J’ai frappé contre le mur ma tête
J’espère qu’elle éclatera
------

Comme si c'était hier — paroles: / musique:

Je reviens fatigué de ce curieux voyage

Je les avais tous vus, tous ces mauvais présages

Les oiseaux qui volaient m’avaient pris en otage


J’ai fait semblant de rien

J’ai trop voulu être bien


Aime-moi

Comme si c’était hier

Comme si jamais la guerre n’avait

Fait de nous deux sa proie


Aime-moi

Comme si c’était hier

Comme si jamais la mer

N’avait vu notre effroi


Je reviens dégoûté par ce curieux voyage

Où les rats qui volaient attaquaient nos rivages

Les anges le criaient, faisaient tomber l’orage


J’ai fait semblant de rien

J’ai trop voulu être bien


J’ai échappé toute ma rage

Sans prévenir, j’ai souillé la page

De ce récit, qui devait être

L’union parfaite entre deux êtres


Les amoureux toujours s’entêtent

À vouloir être encore plus forts

Encore plus grandioses qu’un dieu

Tout en oubliant d’être heureux
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Les éphérites — paroles: / musique:

Quand à chaque jour qui vient

À chaque jour qui va

Nos peaux se fendent

Nos os se broient


Je rêve au jour de l’effondrement

Quand nos corps seront diamants

Je rêve au jour du grand lendemain

De l’existence à bout de chemin


Pourquoi faut-il toujours être plus grand?

Pourquoi faut-il toujours être au-devant?

Même face au déplaisir

Au soleil couchant

Même devant les Éphérites des tremblements


Est-ce pour contrer la mort

Pour déjouer le mauvais sort

Qu’on s’obstine à vouloir être

Le plus grandiose des êtres?


Et si l’amour de demain était grand

Pourquoi devrais-je toujours être au-devant?

Et si l’amour de demain était grand
Pourquoi devrions-nous toujours prendre les devants? 
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