Sentiments humains

12 morceaux

  • 01

    Ces étranges lueurs

    Paroles

    Ces étranges lueurs

    Nous restions là

    J’ai fait cet étrange rêve
    Où nous étions tous deux

    Insouciants et reclus
    Sur nos deux corps presque nus
    Étouffés par la lumière
    Les yeux crevés par des éclats de verre

    Nous restions là
    Nous restions là

    J’ai fait cet étrange rêve
    Où nous étions tous deux

    Auréolés de bonheur
    Sous des centaines de soleils qui pleurent
    La peau rapiécée par des fils
    Sortant de nos talons d’Achille

    Nous restions là
    Nous restions là

    J’ai fait cet étrange rêve
    Où nous étions tous deux

    Torturés par nos désirs
    Comme deux jeunes amoureux
    Immobilisés par la souffrance
    De devoir apprendre à être deux

    Nous restions là
    Nous restions là

    J’ai fait cet étrange rêve
    Où nous étions tous deux

    Massacrés par l’allégresse
    D’un lourd sentiment amoureux
    À se marteler de questions
    À se crier comme il fait bon

    De rester là
    De rester là

    J’ai fait cet étrange rêve
    Où nous étions tous deux

    Debout sous un ciel ténébreux
    À remâcher les mêmes vœux
    Pris dans cette position fatale
    À se crier comme il fait mal

    De rester là
    De rester là
    De rester là

  • 02

    Le magnétisme des amants

    Paroles

    Le magnétisme des amants

    Chacune des secondes qui tombent
    Revient couper le ligament
    Avant que les minutes ne fondent
    Les amoureux deviendront diamants

    Quand les soleils s’imprègnent
    Du magnétisme des amants
    Ce sont les inquisiteurs qui craignent
    L’arrivée des nouveaux sentiments

    Si les soleils métamorphiques
    Brûlent eux aussi tous leurs manants
    Nous ferons de nos joies microscopiques
    Des forteresses de diamants
    Puisqu’elles deviendront nos armures
    Pour éblouir les dissidents
    Pour nous, elles feront tomber les murs
    Qui tiennent enfermés les sentiments

    Je déposerai sur la grève
    Ce qu’il me reste d’amour vivant
    Avant que les regards se lèvent
    Nous partirons sur l’océan

    Quand les soleils s’éteignent
    Entre deux corps amants
    C’est le bonheur qui saigne
    Un lys entre les dents

  • 03

    Je reviendrai

    Paroles

    Je reviendrai

    J’ai souvent, de vous, été coupé
    Par des mouvements insoupçonnés
    Isolé par images superposées

    J’ai trouvé comment rester debout
    Même si de mon corps on coupait le cou
    Pour toujours, je resterai parmi vous

    Je reviendrai, je reviendrai
    Même une fois couché sous terre, je reviendrai
    Poussé par les souffles de mon corps, je serai
    Par vos sourires, vos cœurs, vos souvenirs
    Vivant je resterai
    Grâce à vous, par ma voix toujours, je reviendrai

    En pleurant jusqu’à m’effondrer
    Même en rêvant jusqu’à m’envoler
    Au-dessus des blancs nuages flottants

    Désolé pour les insouciances
    Désolé pour les arrogances
    Découlant de tous mes gestes posés

    Je reviendrai, je reviendrai
    Même une fois couché sous terre, je reviendrai
    Poussé par les souffles de mon corps, je serai
    Par vos sourires, vos cœurs, vos souvenirs
    Vivant je resterai
    Grâce à vous, par ma voix toujours, je reviendrai

  • 04

    Au bar des suicidés

    Paroles

    Au bar des suicidés

    Allez, on va danser
    Au bar des suicidés
    Comme autrefois, on gardera les yeux fermés

    Allez, on va danser
    Au bar des suicidés
    Laisse tes pas, un à un devant toi, s’aligner

    Tu aimes encore et aimes toujours
    Ce bel amour à l’imparfait
    Ce bel amour aux yeux trop clairs
    Ce bel amour aux yeux trop vrais

    Tu aimes encore et sans arrêt
    Ce bien trop véritable amour
    Si véritable qu’il finira
    Par vraiment massacrer tes jours

    Allez, on va danser
    Au bar des suicidés
    Comme autrefois, on gardera les yeux fermés

    Allez, on va danser
    Au bar des suicidés
    Laisse tes pas, un à un devant toi, s’aligner

    Tu sais
    Moi aussi, j’ai aimé
    Des amours déjà estropiées
    Le cœur se serre, mais on finit par s’habituer

    Tu sais
    Moi aussi, j’ai aimé
    Des amours déjà fatiguées
    Les blessures restent, mais on finit par oublier

    Oh! s’il te plaît, ne pleure pas, je te promets qu’un jour on rira
    De cet amour de trahison, oh! s’il te plaît, ne pleure pas

    Allez, on va danser
    Au bar des suicidés
    Comme autrefois, on gardera les yeux fermés

    Allez, on va danser
    Au bar des suicidés
    Laisse tes pas, un à un devant toi, s’aligner

    Et si je meurs là-bas
    Eh bien, tant pis pour moi
    Je n’avais qu’à savoir
    Qu’on ne rit pas de ces choses-là

    Si mon cœur se débat
    Ne t’en fais pas pour moi
    J’ai gardé un sourire en souvenir de toi

  • 05

    Tu es à moi

    Paroles

    Tu es à moi

    Je fais de mes mots une robe laquée
    Pour épouser chacun de mes gestes amoureux
    Que tu gardes pour toi
    Comme un trophée de joie
    Comme un cheval de Troie
    Qui cache en lui nos ébats

    J’ai fait de mon cœur une boîte à musique
    Qui joue de nos amours les moments savoureux
    Des plaisirs d’être deux
    Des plaisirs de deux feux
    Qui se prêtent à leurs jeux
    Partageant le même vœu

    Tu es à moi
    Tu es à moi

    Je fais de mes pas une marche funèbre
    En l’honneur du passé que je laisse derrière
    Mon amour a pris fièvre
    Entre moi et tes lèvres
    J’ai signé de ma sève
    Un contrat, une trêve

    Tu es à moi
    Tu es à moi
    Tu es à moi

  • 06

    Les lignes de ma main

    Paroles

    Les lignes de ma main

    Ne faites jamais confiance aux étoiles
    Qui vous disent que tout ira bien
    La vie est loin d’être un droit chemin
    C’est écrit dans les lignes de ma main

    Si le bonheur a choisi votre âme
    Pour y faire son nid
    Fermez vos yeux, laissez-vous guider
    Ne pensez jamais à vous sauver

    J’ai trop souvent mis au défi le bonheur
    Espérant être un peu mieux ailleurs
    J’ai goûté les plaisirs de l’exil
    Pour finir rescapé d’asile

    Même si la tristesse a croisé ma route
    Parce qu’il nous faut tous coûte que coûte
    Goûter la lourdeur des cœurs en peines
    Boire à la santé des amours ternes

    Plus jamais je ne ferai confiance aux étoiles
    Qui diront que tout ira bien
    La vie est loin d’être un droit chemin
    C’est écrit dans les lignes de ma main

  • 07

    Les sentiments humains

    Paroles

    Les sentiments humains

    Ô Barcelone

    Toi qui m’as vu baisser les bras

    Toi qui as tué sans vergogne

    Le peu qu’il me restait de moi


    Ô Barcelone

    Quand tu m’as accueilli sous ton toit

    Tu as pris chacun de mes sourires

    Pour les brûler devant moi

    Pour en faire un feu de joie

    Pour me montrer qu’ici-bas

    L’amour peut devenir combat


    Ô Barcelone

    Je suis devenu ton soldat

    Je suis prêt à tuer pour toi

    Oh! Si tu me donnes la joie

    Si tu me redonnes ma joie

    Celle que j’ai perdue chez toi

    Celle que tu m’as volée, je crois


    Les sentiments humains

    Ne seront plus jamais les miens

    Si tristesse est mon destin


    Les sentiments humains

    Ne seront plus jamais les miens

    Si tristesse est mon destin

    Si tristesse reste mon destin


    Ô Barcelone

    Oh! Toi que j’ai nommée cent fois

    La salope de tous mes automnes, ce soir

    Je coucherai encore avec toi


    Ô Barcelone

    Un jour j’irai pisser sur toi

    Pour souiller chacun des sourires

    Qu’ils ont en se parlant de toi

    Qu’ils ont en se frottant sur toi

    Toi la voleuse de joie

    Toi qui m’as volé ma joie


    Les sentiments humains

    Ne seront plus jamais les miens

    Si tristesse est mon destin


    Les sentiments humains

    Ne seront plus jamais les miens

    Si tristesse est mon destin

    Si tristesse reste mon destin


    Je tuerai de mes mains

    Ce qu’on dit de toi en bien

    Les sentiments humains

    Ne seront plus jamais les miens

    Si tristesse reste mon destin

  • 08

    Nous restions là

    Paroles

    Nous restions là

    Nous restions là

    J’ai fait cet étrange rêve

    Où nous étions tous deux


    Insouciants et reclus

    Sur nos deux corps presque nus

    Étouffés par la lumière

    Les yeux crevés par des éclats de verre


    Nous restions là

    Nous restions là


    J’ai fait cet étrange rêve

    Où nous étions tous deux


    Auréolés de bonheur

    Sous des centaines de soleils qui pleurent

    La peau rapiécée par des fils

    Sortant de nos talons d’Achille


    Nous restions là

    Nous restions là


    J’ai fait cet étrange rêve

    Où nous étions tous deux


    Torturés par nos désirs

    Comme deux jeunes amoureux

    Immobilisés par la souffrance

    De devoir apprendre à être deux


    Nous restions là

    Nous restions là


    J’ai fait cet étrange rêve

    Où nous étions tous deux


    Massacrés par l’allégresse

    D’un lourd sentiment amoureux

    À se marteler de questions

    À se crier comme il fait bon


    De rester là

    De rester là


    J’ai fait cet étrange rêve

    Où nous étions tous deux


    Debout sous un ciel ténébreux

    À remâcher les mêmes vœux

    Pris dans cette position fatale

    À se crier comme il fait mal


    De rester là

    De rester là

    De rester là

  • 09

    Coulent les rires

    Paroles

    Coulent les rires

    Tu craches de ta bouche tous tes éclats de rire

    Pour oublier le bonheur et la joie que tu n’as pas


    Tu gardes sur ton cœur l’étrange souvenir

    De la légèreté de l’enfance qui commence à flétrir


    Mais où vas-tu, courant derrière tes pas

    Écorchant ton visage, en empilant les voyages?


    Mais que fais-tu, te barbouillant de tes dires

    Quand tu te sens rougir, trahi par tes soupirs?


    Quand tu ne sais comment nous dire

    Que, toi aussi, tu pleures

    Que tu saignes du cœur


    Quand de ta bouche coulent des rires


    Tu nous cries sans cesse que tu gardes la foi

    Face aux tristesses, aux malheurs qui s’acharnent sur toi


    Tu camoufles tes pleurs, sous d’imposantes voix

    Qui chantent pour toi l’alléluia d’un bonheur que tu n’as pas


    Mais promets-toi qu’un jour tu resteras

    Face aux fausses paroles, autre chose qu’un guignol


    Mais promets-toi que tu ne resteras pas

    Dans toutes tes courses folles, celui qui toujours rigole


    Sans s’avouer qu’il ne sait dire

    Que lui aussi pleure

    Qu’il saigne du cœur


    Quand de sa bouche coulent des rires

  • 10

    L'enfant de ma mère

    Paroles

    L'enfant de ma mère

    J’ai des tas d’images, barbouillées de craie
    Par cet enfant sage, qui jamais ne sait
    Séparer le mal du bien qu’il a fait
    Du bien qu’il a fait

    Toujours dans la marge, un petit regret
    Revient à la nage pour tuer d’un trait
    Chacun des naufrages qui le rendaient vrai
    Qui le rendaient vrai

    J’ai frappé contre le mur ma tête
    J’ai frappé contre le mur ma tête
    J’espère qu’elle éclatera

    Le sang de ma mère tapisse mes bras
    Elle a donné naissance à celui qui sera moi
    Devant l’existence, il a déjà froid
    Il a déjà froid

    Avec insistance, je l’éloignerai
    De l’accoutumance au blanc déchiré
    Déjà en enfance, son âme ils ont violée
    Son âme ils ont violée

    J’ai frappé contre le mur ma tête
    J’ai frappé contre le mur ma tête
    J’espère qu’elle éclatera

    Jamais avant d’avoir léché les bottes du trépas
    Nous ne saurons tout ce que le passé nous cachera
    Redis-moi encore que nous serons rois
    Que nous serons rois

    Si l’amant d’hier est venu te chercher,
    C’est pour me rendre fier de t’avoir retrouvé
    J’ai beau le crier, je ne sais que pleurer
    Je ne sais que pleurer

    J’ai frappé contre le mur ma tête
    J’ai frappé contre le mur ma tête
    J’espère qu’elle éclatera

  • 11

    Comme si c'était hier

    Paroles

    Comme si c'était hier

    Je reviens fatigué de ce curieux voyage

    Je les avais tous vus, tous ces mauvais présages

    Les oiseaux qui volaient m’avaient pris en otage


    J’ai fait semblant de rien

    J’ai trop voulu être bien


    Aime-moi

    Comme si c’était hier

    Comme si jamais la guerre n’avait

    Fait de nous deux sa proie


    Aime-moi

    Comme si c’était hier

    Comme si jamais la mer

    N’avait vu notre effroi


    Je reviens dégoûté par ce curieux voyage

    Où les rats qui volaient attaquaient nos rivages

    Les anges le criaient, faisaient tomber l’orage


    J’ai fait semblant de rien

    J’ai trop voulu être bien


    J’ai échappé toute ma rage

    Sans prévenir, j’ai souillé la page

    De ce récit, qui devait être

    L’union parfaite entre deux êtres


    Les amoureux toujours s’entêtent

    À vouloir être encore plus forts

    Encore plus grandioses qu’un dieu

    Tout en oubliant d’être heureux

  • 12

    Les éphérites

    Paroles

    Les éphérites

    Quand à chaque jour qui vient

    À chaque jour qui va

    Nos peaux se fendent

    Nos os se broient


    Je rêve au jour de l’effondrement

    Quand nos corps seront diamants

    Je rêve au jour du grand lendemain

    De l’existence à bout de chemin


    Pourquoi faut-il toujours être plus grand?

    Pourquoi faut-il toujours être au-devant?

    Même face au déplaisir

    Au soleil couchant

    Même devant les Éphérites des tremblements


    Est-ce pour contrer la mort

    Pour déjouer le mauvais sort

    Qu’on s’obstine à vouloir être

    Le plus grandiose des êtres?


    Et si l’amour de demain était grand

    Pourquoi devrais-je toujours être au-devant?

    Et si l’amour de demain était grand
    Pourquoi devrions-nous toujours prendre les devants?